Écrire à propos de soi : les pièges à éviter

Écrire à propos de soi et de sa vie peut être tentant, puisque c’est un sujet qu’on connaît en profondeur, mais cette approche recèle son lot de pièges et de contraintes. Parfois, les primoromanciers s’inspirent grandement de leur vécu pour alimenter leur récit, flirtant ainsi sur la limite entre le roman et le récit autobiographique. Vous souhaitez écrire à propos de votre vécu ? Cet article saura vous éclairer sur les questions pertinentes à vous poser avant de vous lancer dans un tel projet. 

Écrire sur soi ? Oui, mais…

Écrire sur une expérience vécue peut avoir un effet libérateur, voire cathartique. C’est un exutoire naturel, ce qui explique la propension de plusieurs auteurs débutants à vouloir utiliser des évènements qu’ils ont personnellement vécus comme fondements de leur projet d’écriture.

Avant d’entreprendre la rédaction d’un tel projet, il faudra vous poser certaines questions fondamentales :

  • Pourquoi est-il important pour moi d’écrire sur ces faits vécus ?
  • Qu’est-ce qui motive mon projet d’écriture ?
  • Dans quel but je souhaite partager ces évènements vécus avec les lecteurs ?
  • L’histoire que je souhaite partager est-elle intéressante et pertinente pour les lecteurs ?

Si vous décidez, à la suite de cette analyse, de poursuivre dans cette voie, vous aurez ensuite à déterminer quelle forme prendra votre projet d’écriture.

Récit autobiographique OU roman d’inspiration autobiographique ?

Bien qu’on puisse facilement confondre ces deux genres, le récit autobiographique est une forme narrative bien différente du roman d’inspiration autobiographique, ces deux genres impliquant des choix littéraires distincts.

Récit autobiographique

Le récit autobiographique est un récit rétrospectif sur sa propre vie ou des évènements vécus. Dans ce type de récit, l’auteur, le narrateur et le personnage principal ne forment qu’une seule et même entité.

Le récit autobiographique implique une forme d’introspection de la part de l’auteur, et repose sur un pacte implicite entre lui et ses lecteurs. Ce pacte implique pour l’auteur une obligation de sincérité, un devoir de relater des faits réels, avec l’importante nuance qu’un certain regard subjectif est impossible à éviter : en effet, on ne peut présenter que notre propre version de la réalité, laquelle peut s’avérer différente de celles des autres.

Roman d’INSPIRATION autobiographique

Pour sa part, le roman d’inspiration autobiographique, comme son nom l’indique, est un récit de fiction qui puise son inspiration à même certains éléments réels de la vie de l’auteur, sans cette obligation toutefois de se coller à la réalité qu’implique le récit autobiographique.

Le roman permet une plus grande créativité et une plus grande flexibilité dans la dynamique et la structure que l’on peut lui donner. Il nécessite un travail esthétique de fond et de forme, implique des choix narratifs stratégiques, en vue de susciter des effets précis chez le lecteur, la création d’ambiances, l’alimentation d’une tension dramatique, une minutieuse caractérisation des personnages, la mise en relief  d’un fil conducteur bien défini…

En bref, le roman suppose une « sublimation » du réel, et impose une certaine prise de distance de l’auteur par rapport à son histoire personnelle.

Les pièges de la vie réelle

L’écriture d’un roman, qu’il soit d’inspiration autobiographique ou non, suppose un travail d’organisation narrative, ce qui le distingue du récit autobiographique, ce dernier étant plus limitant en ce sens que l’auteur, en raison du pacte implicite qui le relie aux lecteurs, se doit de relater les faits comme ils sont arrivés réellement, au mieux de son biais subjectif.  

Il est donc possible, lorsqu’on choisit la forme du récit autobiographique, de rester prisonniers de détails pragmatiques, ce qui nuit parfois au travail esthétique du projet. On souhaite tellement tout dire, relater les faits le plus fidèlement possible, qu’on n’arrive pas à faire des choix narratifs éclairés, qu’on s’embourbe dans des détails inutiles à l’histoire et bien souvent sans intérêt pour les lecteurs.

Au final, que vous choisissiez de relater l’histoire telle qu’elle s’est produite, en étant fidèle aux faits, ou que vous choisissiez plutôt de romancer l’histoire en exerçant un véritable travail de « mise en scène », il faut vous assurer de choisir le genre qui saura le mieux servir votre propos et le rendre intéressant, enrichissant et captivant aux yeux des lecteurs. 


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