La nouvelle tant attendue vient de vous arriver : une maison d’édition propose de publier votre manuscrit. Au-delà de l’énervement, cette annonce peut générer bon nombre de questions chez vous, et avec raison! Le pigeon décoiffé a rencontré Tania Massault, directrice générale aux Éditions Alto afin de démystifier les étapes cruciales de l’édition d’un manuscrit, de son acceptation jusqu’à sa parution.

Le premier contact avec la maison d’édition

Tout d’abord, lors du premier contact, la maison d’édition s’assurera de l’engagement de l’auteur envers le processus d’édition. Comme le souligne Mme Massault :

« Lorsqu’un manuscrit sort du lot, et qu’il y a intérêt de la maison d’édition, on va joindre l’autrice ou l’auteur et on va mesurer la volonté de la personne à travailler, retravailler son texte. »

Il semble primordial de préciser qu’il est très rare qu’une maison d’édition publie un texte tel qu’elle l’a reçu, et que si c’est le cas, vous devriez vous poser des questions sur le sérieux de leur démarche. Il faut donc s’attendre à retravailler notre texte avec un accompagnement soutenu de la part d’une personne assignée par la maison d’édition. Cette expérience riche devrait nourrir votre création et amener votre manuscrit à un autre niveau.

Aspect légal et commercialisation

Avant même de commencer le travail éditorial, il y aura une proposition de contrat d’édition de la part de la maison d’édition, ce contrat détaillant, entre autres, la date envisagée de publication, le nombre de pages du livre évalué, le prix de détail, le montant de l’à-valoir (si cette somme est offerte par la maison d’édition), l’échelle de droits, l’échelle escalatoire, etc. Nous n’entrerons pas dans le fin détail des clauses juridiques dans cet article, mais sachez que chacune d’entre elles devrait être bien comprise avant l’acceptation du contrat afin d’éviter les surprises.

Ces nombreux termes techniques peuvent faire un peu peur, mais sachez que différentes ressources sont disponibles pour vous. Au Québec, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois pourra répondre à vos questions et présente de nombreux documents informatifs sur son site Web. Il est aussi possible de demander un avis juridique à un avocat ou un conseiller juridique avant de signer le contrat.

À ce stade-ci, ne vous gênez surtout pas pour poser des questions à l’éditeur ou à l’éditrice. C’est primordial de développer une relation de confiance et de vous assurer de vous sentir respecté.e dans cette étape cruciale de la publication de votre livre.  Les questions de droits, entre autres de traduction et d’adaptation de l’œuvre, devraient aussi être clairs et bien expliqués afin que vous puissiez prendre une décision éclairée.

Lors des échanges, il peut être judicieux de discuter en amont de l’attention qui sera prodiguée au livre après sa publication. Est-ce que la maison d’édition est présente dans les salons du livre, dans les foires internationales? Est-ce qu’un budget de promotion sera réservé pour le livre? Est-ce que les relations de presse sont gérées à l’interne ou à l’externe? Qui prendra en charge le lancement? Toutes ces questions méritent d’être adressées assez tôt dans le processus, encore là pour vous assurer que tout se passera sans anicroche.

Travail sur le texte 

Comme Tania Massault le rappelle :

« Il faut savoir que lorsqu’un manuscrit est déposé dans une maison d’édition, l’auteur ou l’autrice a fait un gros travail, comme un marathon, seul.e, mais que le travail n’est pas fini parce que le manuscrit a été accepté. »

Le manuscrit sera par la suite attribué à un éditeur ou une éditrice. C’est cette personne, en concertation avec l’auteur ou l’autrice, qui va déterminer la méthode de travail sur le texte, et la manière dont, concrètement, le manuscrit sera peaufiné. Bien entendu, la maison d’édition devrait prendre en considération la réalité de l’auteur afin d’offrir un cadre juste pour mener à bien les modifications à apporter au texte. Encore là, la clé demeure la communication.

Le travail d’édition peut tout toucher d’un texte : la structure, les personnages, le scénario, les temps de verbe, et bien plus. Le travail éditorial est très personnel, chaque texte est donc envisagé individuellement, selon les forces et les faiblesses de celui-ci. Lorsque le texte aura atteint un degré d’achèvement accepté autant par l’auteur que par l’éditeur, le processus de publication débutera.

Par la suite, le manuscrit sera mis en page selon les modalités de la maison d’édition. Selon les habitudes en place, l’auteur ou l’autrice sera peut-être impliqué.e dans le processus décisionnel concernant la page de couverture et la quatrième de couverture. Encore là, chaque maison d’édition propose un fonctionnement différent. S’il ou elle a une idée en tête, rien ne l’empêche d’en discuter afin d’arriver à une entente sur le look à donner à l’ouvrage. Certaines maisons d’édition offrent aussi la possibilité à l’auteur ou l’autrice de se faire photographier par un professionnel, dans le but d’assurer l’uniformité dans le cadre de la promotion de l’ouvrage.

En fin de parcours, l’auteur ou l’autrice aura à procéder à une ultime vérification de son texte pour accepter les modifications de la révision linguistique et pour approuver les maquettes avant l’envoi à l’imprimeur. C’est là le dernier moment pour procéder à de minimes modifications.

Ces considérations mettent bien en évidence l’importance de bien choisir où vous désirez faire parvenir votre manuscrit et de bien définir la manière dont vous souhaitez le mettre en valeur. Vous aurez ainsi de plus grandes chances que votre manuscrit soit accepté. Mais surtout, gardez en tête de poser des questions, toutes les questions.

N.B. Il est interdit de reproduire ce texte, en entier ou en partie, sans avoir obtenu notre autorisation.

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Comment éviter les refus de manuscrit ?

Puisque vous envisagez de faire parvenir votre manuscrit aux éditeurs, la première chose à faire est de vous demander si votre texte est vraiment PRÊT à leur être soumis et, en second lieu, à quelles maisons d’édition il convient de vous adresser.

Si vous êtes trop pressé d’entreprendre vos démarches éditoriales, il est possible que vous commettiez des impairs et que vous nuisiez, ce faisant, à vos chances d’obtenir une réponse favorable.

Il importe par conséquent de prendre le temps de considérer les principales raisons pour lesquelles les éditeurs refusent des manuscrits afin de vous assurer, dans la mesure du possible, de les éviter.

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Notre mission est de soutenir et guider les auteurs, qu’ils soient débutants ou expérimentés, dans leur cheminement d’écriture et leur travail de perfectionnement de manuscrit avant publication.

Notre spécialité est l’évaluation de textes narratifs (roman, récit, nouvelle, conte, etc.); cela dit nous évaluons également d’autres types de manuscrits (essai, ouvrage pratique, guide, poésie, etc).

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