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L’inversion du « je » et d’un verbe du 1er groupe à l’indicatif présent

Vous souhaitez intégrer des dialogues dans votre texte narratif, mais vous hésitez quant à la bonne manière de le faire ? Des questions d’ordre technique vous taraudent, spécialement en ce qui a trait aux verbes du 1er groupe avec le « je » dans les incises ? Voici quelques petites considérations qui devraient vous être très utiles…

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Le problème que pose la syntaxe inversée des verbes du 1er groupe avec le « je »

L’usage d’un verbe du premier groupe (verbes « réguliers » qui finissent en -er) conjugué à la première personne du singulier au présent de l’indicatif, dans une syntaxe inversée, n’est pas courant en littérature contemporaine.

Voici la règle de grammaire : lors d’une inversion du pronom à la première personne et d’un verbe du premier groupe — qui se termine par un « e » muet dans presque tous les cas lorsque ce dernier est conjugué au présent de l’indicatif — doit s’écrire avec un accent aigu (… même si on le prononce comme s’il s’agissait d’un accent grave ! La réforme de l’orthographe [qui n’est pas encore entrée dans l’usage courant des éditeurs, faut-il le souligner] propose toutefois de remplacer l’accent aigu par un accent grave pour simplifier le cas de cette euphonie). Exemples : « On y va ! m’exclamé-je. », « Tu viens ? demandé-je. », « Peut-être, hésité-je. », etc.

Comme le lecteur contemporain n’est la plupart du temps pas très à l’aise avec cette tournure syntaxique, cela risque de l’irriter assez rapidement. À cela s’ajoute le fait que cette formulation qui rappelle le passé simple peut parfois jurer avec le registre de langue du texte selon que celui-ci est neutre, familier ou populaire. Exemple : « Crisse de tabarnak d’hostie d’câlisse ! m’exclamé-je. » Comme on peut le voir, le contraste est parfois saisissant et pas forcément du meilleur effet…

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Comment éviter les verbes du 1er groupe avec le « je » dans les inversions syntaxiques ?

Pour remédier à la situation, quelques solutions très simples sont envisageables. Il suffit de voir lesquelles vous conviennent le mieux et, pourquoi pas, les utiliser en alternance afin de varier les approches.

1 – Supprimer les incises inutiles

Avant toute chose, relire les dialogues afin de vérifier s’il est toujours nécessaire de préciser l’énonciateur. Lors de cet examen du texte, vous réaliserez que l’évidence s’impose souvent et rend plusieurs incises inutiles. Supprimez toutes celles qui ne sont pas nécessaires et le texte s’en trouvera allégé.

2- Modifier la syntaxe de l’incise

Maintenant que vous avez éliminé les incises qui n’apparaissaient pas essentielles, pensez à en réécrire quelques-unes en modifiant la syntaxe de la phrase, c’est-à-dire en supprimant l’inversion syntaxique. Exemples : « Faut-il venir ? que je lui demande. », « Tout le monde sera présent, que je déclare. », « T’es fou ? que je crie. », etc. À noter toutefois que cette formulation convient à des textes écrits en langage familier ou populaire, mais ne saurait convenir à des textes présentant une narration de registre plus soutenu.

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3- Annoncer le discours direct par un verbe introducteur

Il se peut toutefois que votre texte contienne encore trop d’incises de la sorte. Pourquoi alors ne pas, dans certains cas, faire précéder le discours direct d’un verbe introducteur ? Exemples : « Je demande : “Faut-il venir ?” » ou encore « Je crie : “T’es fou ?” ».

4- Transformer le discours direct en discours indirect

Il est également possible d’envisager la transformation du discours direct en discours indirect, comme par exemple : « Je lui demande comment il est venu jusqu’ici. » ou « Je déclare que tout le monde sera présent. »

2 réflexions sur « L’inversion du « je » et d’un verbe du 1er groupe à l’indicatif présent »

  1. J’ai lu vos commentaires et recommandations avec intérêt. J’aime votre manière d’aborder la syntaxe à la fois professionnellement et sérieusement mais sans snobisme. Même si certaines formulations littéraires sont peu utilisées, elles existent et peuvent parfois enrichir le texte d’un ou une auteure. Merci.

    1. Le pigeon décoiffé 8 novembre 2019 — 11 h 48 min

      Merci d’avoir pris la peine de commenter l’article, François. Au plaisir.

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