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Les registres de langue dans le texte narratif

Vous avez déjà entendu parler de registres de langue, n’est-ce pas ? Sinon, il importe d’en prendre connaissance de manière à savoir bien les distinguer. Vous pourrez ainsi vous assurer, tout au long de l’écriture de votre roman, d’utiliser ces différents niveaux de langue de manière juste et pertinente. Ces niveaux de langage n’existent pas qu’en littérature. Ils font partie de la vie courante, à l’oral ou à l’écrit, et contribuent à la vraisemblance et la cohésion d’un texte narratif ; c’est en cela, surtout, qu’il importe de savoir les reconnaître et les utiliser à bon escient.

On distingue QUATRE principaux registres de langue :

Le registre populaire

C’est le registre de langue le moins soigné de tous. Il se situe souvent… au ras des pâquerettes ! Ce niveau de langage s’octroie toutes les libertés en se souciant fort peu de correspondre aux règles de grammaire et de syntaxe. Il se révèle celui de l’expression spontanée et est truffé d’usages à mauvais escient : anglicismes, impropriétés, termes péjoratifs, conjugaisons inadéquates, erreurs d’accord du genre et du nombre, contractions de mots, etc. On note aussi dans ce niveau de langue la présence d’argot, de régionalismes, de clichés et d’expressions toutes faites.

Le registre populaire se permet aussi, sans gêne aucune, la vulgarité. C’est essentiellement le niveau de langue adopté par les adolescents, les gens sans éducation et provenant de milieu défavorisé. Il peut donc se révéler très utile dans les séquences dialogales, par exemple, selon le type de personnages que vous désirez mettre en scène et dont vous souhaitez rapporter directement le propos. Ceux-ci doivent en effet s’exprimer de manière vraisemblable, selon le contexte socioculturel auquel ils appartiennent, sans quoi leur prise de parole ne sera pas crédible aux yeux du lecteur.

Le registre familier

C’est celui, comme son nom l’indique, qu’on utilise pour s’exprimer de façon familière, donc entre amis, en famille ou entre collègues. On utilise ce registre de langue pour marquer l’absence de hiérarchie. La langue familière est en effet parlée entre gens de même niveau, de même classe sociale, provenant d’un même milieu.

Ce registre de langue est celui du quotidien. Il est convenable, évite la vulgarité, mais procède néanmoins à de nombreux raccourcis question de simplifier la formulation des idées. On note dans son usage des ruptures syntaxiques, des ellipses, la suppression du « ne » dans la négation, etc.

C’est un registre de langue plutôt simple et convivial que tous peuvent utiliser et comprendre. Il convient fort bien à la plupart des dialogues et parfois même, selon le ton et le propos, à certains types de narrateurs.

Le registre neutre

C’est un registre de langue un peu plus formel. On prend le temps de bien choisir ses mots, conscient qu’on est de s’exprimer à un auditoire qui ne nous est pas familier. On l’utilise souvent à la télévision et la radio (selon la chaîne de télévision choisie ou le poste syntonisé, faut-il le souligner…) C’est également le registre de langue qu’on utilise le plus fréquemment à l’écrit, lequel induit une certaine formalité ; on se préoccupe de s’exprimer le plus correctement possible, en faisant un usage judicieux des mots et des expressions, en respectant les règles de grammaire et de syntaxe.

On dira de ce niveau de langage qu’il correspond à un français international, donc standardisé (on l’appelle d’ailleurs aussi « registre standard »). C’est essentiellement le registre de langue utilisé dans ce billet de webzine que vous êtes actuellement en train de lire ! 🙂

Le registre soutenu

C’est, celui-là, le niveau de langage des beaux dimanches. Il est l’apanage du milieu socioculturel élevé, de la classe sociale la plus éduquée. Le registre de langue soutenu se préoccupe de formuler la pensée de manière réfléchie et éloquente. Le vocabulaire est recherché. On pèse le poids des mots, on s’attarde aux nuances sémantiques. C’est le registre des propos édifiants, poétiques et érudits.

Le niveau de langue soutenu est également un marqueur de déférence, de politesse et signe de distinction. C’est le langage des grands discours, il est marqué du sceau de l’intelligence et de la pensée exprimée avec art et brio.

Dans ce niveau de langage, on emploie des mots savants, un vocabulaire riche, et dans certains cas un jargon spécialisé. On remarque également l’utilisation de mots rares ou archaïques, l’emploi de temps verbaux peu usuels (ex. : subjonctif plus-que-parfait), de structures de phrases élégantes et l’usage relativement abondant de figures de style.

Il s’agit d’un niveau de langue peu utilisé à l’oral, mais assez fréquent dans les textes de facture très littéraire. Il convient à la narration, mais il peut parfois convenir au discours direct de certains personnages selon le contexte et le rang social qui leur est propre.

Variation des registres de langues

Ce qu’il est important de savoir est qu’il est possible, et dans certains cas souhaitable, de varier les registres de langue à l’intérieur d’un texte narratif, selon les types de séquences textuelles, mais cela doit être justifié. Par exemple, une narration omnisciente pourrait faire usage d’un registre de langue soutenu alors que les dialogues, selon le type de personnages mis en scène, pourraient quant à eux appartenir à un niveau de langue familier ou populaire.

2 réflexions sur « Les registres de langue dans le texte narratif »

  1. Il est à noter aussi que les personnages eux-mêmes peuvent jouer sur les registres, ce qui rend les dialogues d’autant plus naturels. Un personnage qui s’adresse à son partenaire dans l’intimité n’aura pas la même formalité que s’il/elle s’adresse à une foule … et encore une foule dans quel contexte? Concert rock, conférence, rencontre parlementaire?

    1. Exactement! Il faut déterminer le registre de langue qui convient non seulement selon le personnage, mais aussi selon le contexte.

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