Développer l’ambiance d’une scène : 3 types de description à maîtriser

Dans un texte, il convient de développer l’ambiance d’une scène, d’en visualiser chaque composante, afin d’évoquer une image mentale bien précise chez le lecteur. Pour ce faire, il peut se révéler profitable de travailler les descriptions de manière à éveiller l’esprit de déduction plutôt que de transmettre explicitement tout ce qu’il doit savoir.

Au lieu de prendre le lecteur par la main, il peut être judicieux de le laisser décoder l’ambiance d’une scène en intégrant des notions admises, soit connues par tous. C’est ce qu’on appelle l’inférence. Il ne faut pas la confondre avec la poésie ou la métaphore, ce n’est pas un procédé stylistique. Ici, on parle bien de convention implicite.

Par exemple, si un texte dénote un crissement de neige sous les bottes d’un personnage, le narrateur n’a pas à mentionner que l’action se déroule en hiver. À moins d’une exception qui devra alors être spécifiée, le lecteur tiendra pour acquis que l’histoire se passe pendant la saison froide. C’est le principe du «Don’t tell me, show it», qui laisse ainsi l’histoire se raconter par elle-même. Bref, l’auteur mettra en relief une information par l’intermédiaire d’une évidence reconnue.

Dans le même ordre d’idées, il pourra déployer un système de référence en fonction de son propos. Ces indications ne feront pas forcément partie du bagage de son lecteur, mais elles lui permettront de tisser une toile de fond à son récit. Pour développer ces dimensions, il vaut mieux établir ses connaissances en la matière. Selon le genre de son roman, se documenter davantage peut également se révéler nécessaire.

Ces techniques visent à approfondir le texte, sa richesse, son style, mais contribueront aussi à éviter certaines répétitions. Afin de générer l’effet recherché avec efficacité, il apparait préférable de maitriser quelques types de description.

Voici 3 types de description à maîtriser :

Temps 

Lorsque l’on parle du temps, l’information attendue renvoie à une période de la journée, à une saison, un mois, une époque ou même à une tranche marquante de l’histoire telle que la guerre de Cent Ans.

Exemple (inférence) :

  • Les premiers rayons du soleil pénétraient la salle à manger quand Nadine se pointa avec son café dans la main. (La phrase suggère au lecteur que la scène se déroule le matin.)

Exemple (référence) :

  • Les enfants, depuis peu initiés à l’instrument, pinçaient les cordes de leur lyre sans en tirer de réelles harmonies. (L’instrument fait référence au temps des civilisations antiques).

L’exercice d’évocation simple exigera de considérer les éléments qui entourent le moment auquel on fait référence. Dans celui plus complexe, établir un point de repère avec le lecteur s’avérera indispensable. Par exemple, si vous écrivez sur une période historique, il sera certes nécessaire de la mentionner, mais ensuite le lecteur vous accordera sa confiance. Il vous faudra le plonger dans une ambiance propice et constante.

Lieu 

L’évolution de votre histoire se déroulera sans doute dans plusieurs endroits, mais les nommer (exemple : dans l’espace, en mer, sur terre, dans un bâtiment, une tente, un bateau, etc.) ne suffira pas à y transporter votre lecteur.

Exemple (inférence) :

  • L’eau, plus tôt si chaude et réconfortante, éveillait désormais des frissons désagréables le long de la colonne de Nadine. La peau de ses doigts ratatinés… (Ce passage suggère au lecteur que la scène se déroule dans un bain.)

Exemple (référence) :

  • Au milieu de la foule bruyante, Nadine admirait le dragon qui dansait dans la rue, oubliant presque les gens qui le manipulaient avec de fines perches. (La danse du dragon, qui est associée généralement au Nouvel an chinois, situe ainsi le personnage en Chine).

Avec ces exemples, on comprend qu’il importe d’envelopper le lecteur du lieu choisi, qu’il soit aussi précis que la baignoire ou vaste, comme des aspects folkloriques et traditionnels, pour mieux construire l’ambiance d’une scène.

Attitude/Sentiment

Lorsque le moment de décrire vos personnages se présentera, il conviendra de tenir compte de leur profil : leur énergie initiale, leurs comportements généraux, leurs valeurs, etc. Par la suite, il faudra aussi considérer la qualité de l’interaction entre les protagonistes : complicité, acrimonie, attirance… L’ensemble des caractéristiques d’un personnage viendront ainsi teinter l’échange.

Exemple (inférence) :  

  • Les yeux rivés pour une dernière fois sur le visage de son ami, Nadine sentait l’émotion lui remonter dans la gorge comme une boule de feu. Ses lèvres tremblaient. (Ce passage décrit la douleur de Nadine liée au deuil).
  • Une main rassurante lui enserra l’épaule, mais quand ses prunelles noyées de larmes croisèrent celles de Maxime, son corps se raidit. Elle se dégagea de son emprise, puis tourna les talons. (Ce passage suggère une relation conflictuelle).

Exemple (référence) :

  • L’échine courbée devant la croix, Nadine récitait le Notre Père en gardant les mains jointes. (Cette phrase fait référence à la prière dans la religion catholique).
  • Des pas se répercutèrent en écho dans l’église, Nadine reconnut le gloussement méprisant de Maxime derrière elle. En se retournant, elle le vit avachie sur un banc. Ses joues s’enflammèrent. (Ce passage indique que Maxime est fort probablement non-croyant, car on réfère ici à la bienséance).

En plus de mettre de l’avant le rapport problématique des deux personnages, on peut comprendre qu’ils ne partagent pas les mêmes croyances sans les nommer. Il se révèle donc intéressant de travailler les descriptions afin d’amener le lecteur à déduire l’ambiance d’une scène à partir d’inférences et de références.

Cette méthode peut aisément être employée lorsque le récit se destine à un public adulte. En revanche, en littérature jeunesse, il demeure préférable d’opter pour une écriture plus directe ou du moins de combiner l’explicite et l’implicite afin de ne pas perdre son lecteur encore en apprentissage. Autrement, l’exercice devrait sans conteste permettre à l’auteur de mieux déployer l’étendue de son texte et donner de l’envergure à sa voix narrative.


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