Si vous écrivez, c’est pour être lu, non? Le comble serait bien de négliger votre lecteur. Mais comment pourrait-on en arriver à ne pas en tenir compte suffisamment, vous demandez-vous, puisque tout au long du récit la narration vous oblige à le considérer?

Écrire un roman, c’est bien plus que de simplement raconter une histoire. Aussi importe-t-il de déployer différentes stratégies narratives afin de permettre au lecteur de bien suivre le foisonnement de l’action; c’est là parfois que l’auteur omet de fournir au lecteur de quoi s’y retrouver.

Se mettre dans la tête du lecteur

Si l’auteur passe des semaines, des mois, voire des années à côtoyer ses personnages, il n’en va pas de même pour le lecteur. Ce dernier quant à lui, passera tout au plus quelques heures en compagnie des protagonistes de l’histoire. L’auteur a tendance à oublier cela. Lorsque vient le temps de mettre les personnages en action, il tient pour acquis que le lecteur les connaît aussi bien que lui, sous prétexte d’avoir pris la peine de les lui présenter en début d’intrigue.

Or quand il s’agit d’un personnage secondaire, le lecteur peine parfois à se remémorer sa description ou les liens qui le rattachent aux autres acteurs du récit. Sa lecture devient confuse, il lui faut alors retourner en arrière dans le texte (oh! frustration…) pour repérer une indication afin de se rafraîchir la mémoire ; cet état de fait lui procure le désagréable sentiment d’« en avoir manqué un bout », sentiment qu’il vaut mieux éviter en prenant soin de lui fournir, en temps et lieu, les évocations nécessaires afin que sa lecture coule de source, sans aucun désagrément.

Le temps consacré à la lecture

Un autre fait important à considérer est que le lecteur étale la plupart du temps sa lecture sur quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, dans le pire des cas. Il peut même faire lecture de plus d’un bouquin à la fois. Dans ces circonstances, sa mémoire a d’autant plus l’occasion de faire défaut. L’auteur doit prendre cela aussi en considération et lui faciliter la tâche en plaçant çà et là des points de repère.

Il n’est pas nécessaire de réinsérer dans la narration une séquence descriptive très élaborée pour remettre tel ou tel personnage dans un certain contexte, il faut y aller de manière subtile, mais efficace. Par exemple, s’il est question d’un personnage nommé Louis, à la page 12 du roman, et qu’on ne parle aucunement de lui jusqu’à ce qu’on en soit à la page 198, il serait bon d’inclure un indice qui remplira fort bien ce mandat.

Pour illustrer la chose :

« C’est alors que Louis, que je n’avais pas revu depuis des lunes, entra dans la pièce et, sans même me saluer, s’avança vers moi pour me tendre l’objet; ce geste de la part de mon frère avait de quoi étonner. »

ou encore

« J’observai son profil particulier, mais le rebord de son grand chapeau me gênait la vue. Lorsqu’elle se retourna en ma direction, je réalisai que c’était Marguerite, cette vieille dame que j’avais rencontrée au théâtre l’année précédente. Elle s’approcha de moi pour m’adresser la parole. »

Il suffit donc d’inclure des segments de phrases qui, sans prendre le lecteur par la main, lui fournissent de précieuses indications qui rendent sa lecture plus fluide et lui évitent de devoir trifouiller dans les pages antérieures pour s’y retrouver.

 

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