Vous avez probablement déjà vécu cette situation frustrante, vécue par plusieurs auteurs : vous envoyez votre manuscrit à une maison d’édition, avec beaucoup d’espoir, pour finalement recevoir une lettre de refus standardisée. Cette réponse générique de la part d’un éditeur peut en effet sembler impersonnelle et décevante, mais des raisons valables expliquent cette pratique courante dans le monde de l’édition.
Le nombre de manuscrits reçus par les éditeurs
Les éditeurs reçoivent chaque jour un nombre considérable de manuscrits. Face à ce volume important de soumissions, il importe aux maisons d’édition de séparer rapidement le bon grain de l’ivraie afin d’éviter que les manuscrits s’accumulent comme une montagne sans avoir été traités. On procède alors à un premier tri, pour en éliminer quelques-uns qui, de manière évidente, ne correspondent pas à ce qui est recherché par l’éditeur. On en mettra d’autres de côté, pour une étude plus attentive, après quoi on prendra une décision en ce qui les concerne.
Le taux de refus des manuscrits envoyés aux éditeurs
Il est de notoriété publique que 95 % voire 97 % des manuscrits soumis aux éditeurs sont refusés par ces derniers. En effet, l’intérêt de chacun d’eux s’avère relatif. Les maisons d’édition doivent donc se pencher sur chacun textes pour en déterminer le potentiel. Malgré l’intérêt que peuvent susciter certains manuscrits, la quantité est telle qu’il est impossible de les publier tous. Il faut alors que les éditeurs se concentrent sur quelques manuscrits privilégiés qui ceux-là seront publiés.
Une gestion chronophage
Vu l’importante quantité de textes qui ne seront pas retenus, il devient vite impossible pour les maisons d’édition de fournir des réponses personnalisées à chaque auteur dont le manuscrit est refusé. En effet, prendre le temps de rédiger une lettre différente pour chacun d’entre eux, en commentant le manuscrit, ses qualités et ses défauts, ainsi que les raisons pour lesquelles il n’a pas été retenu pour publication, occuperait une grande partie de leurs journées, sinon leurs journées entières. Comment, dans ces circonstances, les éditeurs trouveraient-ils le temps de mener à bien leur travail éditorial pour les ouvrages qui ont été retenus pour publication ? Les lettres de refus standardisées permettent aux maisons d’édition de gérer rapidement et efficacement le flux de soumissions de manuscrit.
La relation de l’éditeur avec les auteurs
Lorsqu’un éditeur est confronté à la tâche difficile de répondre à un auteur dont le manuscrit a été refusé, il se trouve dans une position délicate. S’il entre dans les justifications, le contexte pourrait ouvrir la porte à une argumentation qu’il préfère éviter. En effet, une lettre de refus d’un éditeur peut être perçue comme un rejet personnel par l’auteur, ce qui peut entraîner des réactions émotionnelles et des tentatives d’argumentation pour défendre son travail. L’auteur peut aussi chercher à négocier certaines modifications au texte, en espérant que ce faisant, il pourra accéder à la publication, etc. Cela peut mettre l’éditeur dans une position inconfortable, car il doit régler rapidement la situation — sans avoir à entamer une « correspondance » vaine et chronophage avec l’auteur dont le manuscrit n’a pas été retenu — et gérer ce différend avec tact et professionnalisme.
Le rôle de l’éditeur
Le premier rôle d’un éditeur est de sélectionner les manuscrits. Son travail consiste ensuite à collaborer avec les auteurs dont le manuscrit a été accepté afin de mettre la touche finale à leur texte en vue de la publication. Lorsqu’un manuscrit est retenu pour être publié, l’éditeur y consacrera le temps et les ressources nécessaires pour assurer le succès de cette publication.
Ce n’est pas le rôle d’un éditeur d’offrir des commentaires de lecture à un auteur dont le manuscrit est refusé. Soyons francs et lucides : l’éditeur n’a pas de temps ni d’énergie à consacrer à la multitude d’auteurs dont les manuscrits ont été rejetés. Il doit se concentrer sur son travail qui l’occupe déjà bien assez : les publications à venir.
Lorsqu’un auteur souhaite obtenir un avis professionnel sur son manuscrit, ainsi que des commentaires constructifs pour perfectionner son ouvrage, ce sont plutôt les services d’un conseiller littéraire qu’il doit solliciter. C’est en effet le rôle du conseiller littéraire professionnel que de guider les auteurs dans le peaufinage de leur manuscrit afin d’augmenter éventuellement leurs chances de capter l’attention d’un éditeur.
La rentabilité des activités éditoriales
Les maisons d’édition doivent assurer leur rentabilité. Et, vous en conviendrez, il ne serait pas rentable que les employés d’une maison d’édition passent trop de temps à répondre à des auteurs dont le texte n’est pas retenu pour publication.
Les éditeurs doivent se consacrer en priorité aux ouvrages qu’ils se sont engagés à publier afin d’assurer la rentabilité de leurs activités. Sans une gestion adéquate des priorités, l’avenir d’une entreprise est forcément compromis. Le milieu éditorial est soumis lui aussi aux impératifs du monde des affaires. C’est la loi de notre bon vieux système capitaliste ! Et les maisons d’édition traditionnelles, faut-il le souligner, ne sont pas des œuvres de charité. Ce sont des entreprises comme les autres.
Un refus de manuscrit n’est pas une condamnation
Lorsque les maisons d’édition envoient des lettres de refus standardisées, cela peut signifier qu’elles estiment que votre travail ne correspond pas à leurs critères éditoriaux, mais cela ne signifie pas pour autant que votre travail n’a pas de valeur.
Enfin, il est important de garder à l’esprit que les lettres de refus standardisées ne sont pas nécessairement synonymes d’un manque d’appréciation pour votre travail. Les éditeurs étant submergés par un important volume de soumissions, ils doivent faire des choix difficiles. Recevoir une lettre de refus d’un éditeur ne signifie pas que votre manuscrit ne trouvera pas sa place ailleurs dans une autre maison d’édition ou que des alternatives de publication ne valent pas la peine d’être considérées.
Reconsidérez votre manuscrit et persévérez !
Bien que recevoir une lettre de refus standardisée puisse être décourageant, il est important de ne pas perdre espoir. Continuez à affiner votre travail, recherchez des maisons d’édition qui correspondent à votre style et votre sujet, et n’oubliez pas que même les auteurs les plus célèbres ont essuyé de nombreux refus avant de trouver le succès. Restez persévérants et confiants en votre talent.
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