Les tics d’écriture : comment s’en défaire ?

Les tics d’écriture font partie des éléments qui sont parfois difficiles à repérer dans son propre manuscrit lorsque vient le temps de la réécriture. La raison est simple : l’écrivain, bien souvent, n’en a pas conscience. Dénicher ses tics d’écriture nécessite un travail de longue haleine, et il faudra parfois une autre paire d’yeux pour y parvenir. Voici un petit guide pour les identifier et s’en défaire plus facilement.

Un tic d’écriture, c’est quoi ?

Un tic est communément connu comme un mouvement répétitif involontaire ou une habitude inconsciente. On peut alors penser aux clignements d’yeux qui échappent au contrôle d’un individu ou encore aux tics de langage, qui se constatent par l’usage répété de termes ou de phrases. Les formules telles que « t’sais », « du coup » et « tu vois », qui se glissent régulièrement dans les échanges, résultent bien souvent d’une communication spontanée.

Le tic d’écriture, quant à lui, s’observe par une redondance textuelle qui n’est pas délibérée par l’écrivain. Tel un réflexe ou un automatisme, ce « mauvais pli » a généralement tendance à s’infiltrer sournoisement dans un texte et à passer sous son propre radar.

Comment repérer les tics d’écriture ?

Bien souvent, malgré maintes et maintes relectures, il est difficile de les cerner. Un bêta-lecteur pourra dès lors être d’une grande aide. Son regard externe saura repérer cette redondance dans l’écriture et déterminer ce qui alourdit la lecture du texte narratif.

Il ne faut pas non plus éliminer toute forme de répétition. Un tic de langage ou d’expression peut s’inscrire dans les dialogues des personnages à condition qu’il contribue volontairement à les caractériser.

Il importe également de ne pas confondre le tic d’écriture avec le style d’écriture puisque ce dernier est appliqué de manière réfléchie par l’écrivain. Par contre, comme toute chose, si le style devient prévisible pour le lecteur, il faudra y porter une attention particulière, au même titre que pour le cliché littéraire, afin de déjouer ses attentes et assurer l’originalité de l’œuvre.

Voici quelques exemples de tics d’écriture récurrents :

Les figures d’insistance, telles que la répétition, la redondance, le pléonasme et l’anaphore

Exemples :

  • Les voisins semblaient fatigués, éreintés, harassés… (redondance)
  • Et elle, elle est partie. (répétition)

​« Les figures d’insistance sont celles qui vont insister sur le message, qui vont le rendre plus évident. […] Plusieurs de ces figures peuvent sembler être des fautes, mais ​c’est le but de l’énonciateur ​et le sens des propos ​qui justifient ce type de figures.[1] » Elles peuvent donc jouer en la défaveur du texte si leur usage est excessif ou si elles ne sont pas appliquées sciemment.

Une présence que de phrases courtes ou, au contraire, que de phrases longues

Encore une fois, c’est dans la surabondance que ces phrases deviennent des tics d’écriture. Par contre, tel que mentionné plus haut, elles peuvent témoigner d’un tic de langage d’un personnage. Dans L’Étranger d’Albert Camus, par exemple, les courtes phrases émises par le narrateur-personnage sont le reflet de son indifférence et de son incapacité d’analyse.

La ponctuation expressive

Appliquée avec parcimonie, la ponctuation expressive dynamise le texte; dans le cas contraire, l’emploi abusif du point d’exclamation, d’interrogation et de suspension peut être le signe d’une difficulté à transmettre par l’énoncé l’émotivité voulue. L’état d’un personnage (joie, surprise, colère, etc.) devrait se transmettre dans la formulation même des phrases plutôt que dans l’ajout parfois plaqué d’une ponctuation finale.

Les marqueurs de relation, les organisateurs textuels ou les conjonctions de coordination

Ces mots ou groupes de mots (par la suite, ensuite, en effet, donc, ainsi, finalement, etc.) contribuent généralement à l’enchainement logique des idées dans un texte. Leur présence répétée suggère, au contraire, une difficulté à effectuer adéquatement les transitions et à rendre compte du déroulement de l’histoire, de son articulation.

Comment corriger les tics d’écriture ?

La reformulation, notamment par la substitution ou le remaniement des phrases, est le meilleur moyen de supprimer les tics d’écriture lorsqu’ils sont détectés, et c’est tout l’art de la réécriture. Afin d’éviter l’ennui chez le lecteur, il est préférable de varier les formulations, de jouer avec la structure des phrases et d’en créer de nouvelles toutes aussi singulières les unes que les autres.

Si un style d’écriture nécessite une ou plusieurs répétitions ou redondances dans le texte, son choix devrait alors être justifié par le fait qui lui offre une valeur ajoutée.

[1] Alloprof, « Les figures d’insistance », https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/francais/les-figures-d-insistance-f1355


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