Les différences entre l’édition traditionnelle et l’autoédition

De la création à la publication, il n’est pas rare que le nouvel écrivain éprouve une certaine déroute devant le vaste univers qui s’ouvre à lui au moment de rendre son texte accessible aux lecteurs. Afin d’effectuer un choix judicieux, l’auteur doit saisir les principales différences entre l’édition traditionnelle et l’autoédition.

Qu’est-ce que l’édition traditionnelle ?

La maison d’édition traditionnelle est une entreprise qui publie des ouvrages rigoureusement sélectionnés, en fonction de sa ligne éditoriale, parmi tous les manuscrits qui lui sont proposés.

Lorsqu’un texte est retenu pour fins de publication, l’éditeur et l’auteur signent un contrat d’édition qui détermine les paramètres de leur entente. Avant que le livre soit publié, l’éditeur effectuera avec l’auteur un minutieux travail d’édition afin de mette la touche finale au texte. Le manuscrit traversera ensuite plusieurs étapes préparatoires à son impression (révision linguistique, graphisme, mise en page, correction d’épreuves, etc.) L’éditeur traditionnel assure lui-même tous les frais de conception, production, promotion et de diffusion des ouvrages publiés par sa maison.

Qu’est-ce que l’autoédition ?

On parle d’autoédition lorsque l’auteur décide d’entreprendre lui-même, et à ses frais, la publication papier et/ou numérique de son ouvrage. En fonction de ce choix de publication, l’auteur doit superviser lui-même chacune des étapes de la préparation du texte en vue de sa publication. Au besoin, et selon son budget, il sera amené à collaborer avec les intermédiaires de son choix, dont le réviseur linguistique, l’infographiste, l’imprimeur, le diffuseur, etc.        

Avantages et inconvénients de l’édition traditionnelle

Si vous êtes en quête d’un éditeur, il faudra avant tout tenir compte des caractéristiques de la maison, notamment en comprenant si elle fonctionne à compte d’auteur ou d’éditeur.

D’ailleurs, Jonathan Reynolds, auteur dans plusieurs maisons ainsi qu’éditeur et cofondateur chez Les Six brumes, une entreprise qui fête ses 20 ans d’expérience cette année, invite l’auteur à être méthodique.

Jonathan Reynolds

« Avant de soumettre un manuscrit à une maison d’édition, c’est très important pour l’auteur de savoir ce que cette maison publie. Ça peut paraître évident, mais il y a plusieurs personnes qui envoient des manuscrits qui ne correspondent pas du tout à la production de la maison d’édition. (Exemple : soumission d’un recueil de poésie chez un éditeur spécialisé en romans). Une visite sur le site internet est la base, surtout de nos jours…, il faut également découvrir les titres de la maison, en lire pour savoir si ça correspond ou non à ce que l’auteur écrit. Lire, lire, lire. Si l’auteur n’y voit pas l’intérêt, alors pourquoi veut-il y soumettre un projet? Là est la question. »

Il va sans dire que l’un des avantages sera de profiter de l’expertise d’une équipe de travail. « L’éditeur n’est pas qu’un homme d’affaires, c’est avant tout un passionné qui s’acharne contre vents et marées, et malgré les embûches, pour trouver la perle rare qui se démarquera du reste, et la faire découvrir aux lecteurs, au milieu du livre, aux autres passionnés. S’il est sérieux, l’éditeur saura faire retravailler (écrire, c’est réécrire) l’œuvre pour polir cette perle. Il investit temps et argent pour transformer le manuscrit soumis en objet livre. Contrairement à l’autoédition, l’édition traditionnelle implique (du moins, dans la majorité des cas) une distribution en librairies et le fait que l’auteur n’investit pas d’argent dans le projet. C’est l’éditeur qui prend tous les risques financiers et s’assure de toutes les étapes (direction littéraire, révision, graphisme, impression, diffusion et communication, distribution, etc.) », précise Jonathan Reynolds.

Mais évidemment, la masse de soumissions fait en sorte qu’un très faible pourcentage de manuscrits est sélectionné. Le contrôle sur le résultat final, sur la date de sortie et la faible redevance, soit 10% des ventes dans la plupart des cas, s’inscrivent du côté des principaux inconvénients. 

Les avantages et les inconvénients de l’autoédition 

Si l’avenue de l’autoédition semble plus attirante, il faut néanmoins se méfier de l’envie de tout bousculer pour voir son projet aboutir rapidement. Une qualité optimum du produit fini assurera de meilleurs résultats de ventes. Dans cette démarche, cette responsabilité repose sur l’auteur uniquement.

« En autoédition, c’est l’auteur qui finance son projet, c’est-à-dire que c’est lui qui supporte tous les frais financiers relatifs à la publication de son livre », mentionne madame Sylvie Dulac de chez Bouquinbec.

Sylvie Dulac

Cette principale différence entre l’édition traditionnelle et l’autoédition se révélera un inconvénient pour certains et un avantage pour d’autres, car la redevance s’avérera plus substantielle, à raison de 40 à 70 % des ventes.

À cause des multiples possibilités, il est cependant difficile d’établir un prix fixe sans une soumission détaillée, car l’auteur doit considérer toutes les phases de création. Madame Dulac et son équipe ont regroupé les étapes « …au nombre de 3 : la révision, la mise en page et l’impression. À chacune de ces étapes, quelqu’un pourra répondre aux questions des auteurs, que ce soit sur la fabrication de son livre, l’obtention du numéro ISBN ou toute autre question. L’auteur est vraiment accompagné tout au long de son projet. »

Dans l’autoédition, l’auteur devient le gestionnaire principal de son projet. Comme le processus représente une tâche imposante, on comprend que « seul l’auteur peut savoir s’il a fait le bon choix, mais s’il souhaite avoir le contrôle de son projet et décider du moment auquel il veut publier, l’autoédition est la bonne solution », conclut madame Dulac à ce propos. D’ailleurs, cette charge amène souvent l’auteur vers l’accompagnement par des experts tels que Bouquinbec.


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Pour mieux comprendre l’édition traditionnelle et l’autoédition, Jonathan Reynolds vous invite à découvrir Écrire et publier au Québec : les littératures de l’imaginaire par Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon, Carl Rocheleau.

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