Savoir rédiger un synopsis

Vous envisagez de faire parvenir bientôt votre manuscrit aux éditeurs, et vous avez constaté que quelques-uns demandent que celui-ci soit accompagné d’un synopsis. Vous voilà donc devant le clavier en train de vous grattouiller le cuir chevelu. Qu’écrire, au juste? Quelle est la fonction exacte de ce synopsis? On ne saurait rédiger un texte pertinent si on ne connaît que plus ou moins l’objectif de l’exercice. Jetons donc un peu de lumière là-dessus…

Origine du synopsis

À l’origine, on utilisait le mot « synopsis » dans le milieu cinématographique. Le synopsis servait entre autres à présenter un projet de scénario à des producteurs, aux acteurs potentiels et autres intervenants concernés par le projet. Il s’agissait alors d’un document de quelques pages, relativement détaillé, qui avait pour fonction de résumer le tout. Avec le temps, l’usage du terme s’est élargi jusqu’à correspondre au texte de présentation d’un film à l’affiche au cinéma, à l’arrière des DVD et sur les plateformes de diffusion en ligne. De même, on utilise aujourd’hui le terme « synopsis » pour désigner un texte qu’on joint à un manuscrit afin de présenter celui-ci aux éditeurs.

Pourquoi le synopsis d’un manuscrit est-il important?

Les éditeurs traditionnels reçoivent des manuscrits à la tonne. Il leur faut donc procéder à un premier triage afin de déterminer lesquels passeront le cap du comité de lecture. Ils ne retiendront, au terme du processus de sélection, que 3 à 5 % pour la publication. Le synopsis leur permet donc d’un seul coup d’œil de s’assurer que le projet correspond à la ligne éditoriale de la maison et que la thématique, ou la manière d’aborder celle-ci, s’annonce originale. Un bon synopsis devrait par ailleurs permettre à l’éditeur de bien saisir l’enjeu du récit. Partant de là, si l’intérêt est soulevé, le manuscrit prendra le chemin du comité de lecture.

Quelle est la différence entre synopsis et résumé?

Voilà LA question qui donne des maux de tête aux auteurs. Vous ne voyez pas la différence entre les deux? Eh bien vous n’êtes pas seuls à ne pas y voir clair. Il y a en effet une confusion générale à ce sujet. Certains vous assureront que le résumé et le synopsis, c’est la même chose, d’autres vous diront que ce sont deux types de texte différents. (Le pigeon décoiffé penche en faveur de ce dernier avis!) Soyez donc conscient que vous lirez à ce sujet, ici et là sur le web, et même sur le site des éditeurs, des avis contraires à ce sujet. Ce qui importe toutefois de retenir, puisque l’un et l’autre partagent cette même caractéristique, c’est que ce texte d’accompagnement du manuscrit doit présenter une vue d’ensemble du projet. C’est-à-dire une version sommaire du roman que vous soumettez à l’éditeur.

Deux approches possibles :

  • Aguiche (teaser)

    similaire au synopsis de film DVD

Il s’agit d’un texte qui vise à piquer la curiosité du lecteur en présentant le thème du roman et en mettant de l’avant la quête à accomplir, le conflit à résoudre, tout en laissant entrevoir les obstacles à franchir. C’est un texte qui pourrait servir éventuellement de quatrième de couverture. On ne révèle donc pas la fin (le punch!) de l’histoire.

  • Résumé en bonne et due forme

Dans ce cas-ci, on préconise le résumé fidèle (chapitre par chapitre, si le roman n’est pas trop long, sinon en relatant les principales composantes du schéma narratif) tout en révélant cette fois la finale du récit. Ce texte ne sera jamais porté à la connaissance du lecteur, dans le cas où le livre serait publié. C’est un texte exclusivement réservé à l’usage de l’éditeur.

Ce que ces deux textes doivent avoir en commun :

  • brièveté

Si le synopsis se révèle « aussi long » que le roman lui-même… autant laisser tomber. L’idéal serait de réussir à faire tenir le tout sur une seule page pour l’aguiche et peut-être deux, tout au plus, pour le résumé en bonne et due forme.

  • pertinence

Le poids de chaque mot, de chaque phrase, de chaque paragraphe, doit être bien pesé. Le texte doit aller à l’essentiel. Pas de place pour le superflu!

  • efficacité

Il ne faut pas perdre de vue l’objectif ultime : donner à l’éditeur le goût de connaître le détail de l’histoire. Le texte doit être « vendeur » et atteindre son objectif.

Comment savoir ce que veut l’éditeur?

Rien de mieux que de remonter à la source pour le savoir! Il faut donc aller vérifier sur le site web de chacun des éditeurs à qui vous souhaitez faire parvenir votre manuscrit. Vous remarquerez que certains ne demandent ni le résumé ni le synopsis. Dans ce cas, n’en envoyez « pas plus que le client en demande », comme on dit.

Certains éditeurs qui exigent un texte d’accompagnement spécifient la différence entre le résumé et le synopsis alors que d’autres ne procèdent pas à cette distinction. Si la définition est nette, assurez-vous de vous plier à l’exigence. Si la frontière s’avère floue, permettez-vous de faire parvenir le texte qui vous semble le mieux convenir à cet éditeur en particulier.

Question de faire bonne impression, il est important que ce dernier soit en mesure de constater, lorsqu’il recevra votre manuscrit, le soin que vous avez investi dans la présentation adaptée de celui-ci à la maison d’édition.

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