Vous avez proposé votre manuscrit à quelques maisons d’édition et, à votre grande déception, vous n’avez récolté que des refus. D’emblée, le découragement vous accable, mais vous en venez à la conclusion que votre texte, finalement, aurait peut-être besoin d’être retravaillé. Vous vous appliquez donc à une minutieuse réécriture en espérant qu’il soit possible de le soumettre une autre fois aux éditeurs qui ont rejeté votre manuscrit. Est-ce une bonne stratégie ?
LES RAISONS D’UN REFUS DE PUBLICATION
La première chose à faire est d’amorcer une réflexion. Plusieurs raisons peuvent expliquer le rejet de votre manuscrit et il vaut la peine de les considérer attentivement, avec la plus grande honnêteté envers vous-même, afin d’en tirer des leçons.
On ne le dira jamais assez, l’écriture est un acte d’humilité, et il faut savoir se plier à cet exercice si l’on souhaite progresser dans le laborieux cheminement de l’écriture.
L’ERREUR DU DÉBUTANT
S’il s’agit d’un premier ouvrage, il est possible que, par manque d’expérience, vous ayez commis sans le savoir les erreurs les plus courantes dans les manuscrits de premiers romans. Passez celles-ci en revue et assurez-vous de ne pas les avoir commises.
TROP PRESSÉ D’ÊTRE PUBLIÉ
Dans votre empressement à être publié, vous avez peut-être expédié votre texte trop rapidement en brûlant des étapes nécessaires à son achèvement. Écrire ne suffit pas pour être un écrivain, il faut apprendre à maîtriser l’art de la réécriture qui fait toute la différence entre un travail négligé et un travail abouti.
MÉCONNAISSANCE DU RÔLE DE L’ÉDITEUR
On a tendance à croire que l’éditeur a pour vocation de découvrir les talents et de les mettre en valeur. Si cela est vrai, dans une certaine mesure, il ne faut pas oublier que les maisons d’édition sont des entreprises comme les autres et qu’à ce titre, elles doivent assurer d’abord et avant tout leur subsistance. Leur préoccupation première est donc de publier des livres de facture professionnelle qui sauront trouver leur lectorat et fournir des revenus appréciables.
Faisons une analogie avec le monde des affaires de manière générale : vous êtes, en quelque sorte, un « fournisseur » de texte. C’est votre responsabilité, en tant qu’auteur, de proposer à la maison d’édition un manuscrit dans sa forme la plus achevée possible.
LA RÉALITÉ ÉDITORIALE
On dit qu’entre 95 et 97 % des manuscrits sont refusés par les éditeurs. C’est dire qu’un très petit pourcentage de manuscrits leur semble d’intérêt suffisant pour envisager la publication.
Les éditeurs refusent généralement de reconsidérer un manuscrit rejeté pour la simple et bonne raison qu’ils n’en finiraient plus de relire les mêmes manuscrits. Pensez-y un peu. Il faut les payer les membres du comité de lecture, ces gens-là ne travaillent pas bénévolement et, même si c’était le cas, cela prend du temps ! Imaginez la perte de temps et d’argent que cela représenterait pour eux s’ils devaient reconsidérer les manuscrits chaque fois qu’un auteur souhaiterait leur soumettre une nouvelle version.
SOLLICITER LE MÊME ÉDITEUR
Cela dit, il arrive que les éditeurs acceptent, exceptionnellement, de reconsidérer un manuscrit.
Si vous comptez leur soumettre de nouveau, faites-le toutefois dans la plus grande honnêteté et transparence. Contactez-les et demandez-leur si, compte tenu de la réécriture que vous avez faite, ils accepteraient de bien vouloir l’évaluer de nouveau. Vous aurez une réponse claire et, de leur côté, ils apprécieront votre respect et votre professionnalisme.
Tenter de leur refiler le manuscrit sous un autre titre ou encore en faisant usage d’un pseudonyme afin de déjouer leur vigilance ne pourrait que vous nuire puisqu’on aura tôt fait de reconnaître le texte.
Dites-vous bien qu’un éditeur souhaite travailler éventuellement avec un auteur avec qui il peut développer un lien de confiance. Le bluff débuterait très mal une relation d’affaires. On en serait fâché et vous n’obtiendriez probablement qu’un second refus.
N.B. Il est interdit de reproduire ce texte, en entier ou en partie, sans avoir obtenu notre autorisation.
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