Qui n’a jamais aperçu du coin de l’œil un roman Harlequin, à la pharmacie du quartier, en se demandant ce qui se passe sous les couvertures typées de cette maison d’édition ? La romance est devenue un sous-genre associé à la littérature populaire et fait encore l’objet de préjugés. Est-ce que les romans d’amour racontent toujours la même histoire ? Afin de mettre en lumière ce genre romanesque et tenter d’ébranler quelques mythes tenaces à son sujet, Le pigeon décoiffé s’est entretenu avec Suzanne Roy et Vickie Poulin, toutes deux autrices de romance et co-organisatrices du Festival Romance Québec.

QU’EST-CE QU’UNE ROMANCE ?

Nos deux autrices le mentionnent d’emblée : la romance n’est pas synonyme de littérature sentimentale. La chose fondamentale à savoir concernant la romance demeure que la relation amoureuse se doit d’être le fil conducteur du récit; tout tourne autour du tumulte que peut créer ce sentiment effervescent, et sur la manière dont se développe cette relation. Comme le souligne Suzanne Roy : « Les péripéties sont là pour séparer les personnages principaux et les rabibocher, tout comme les personnages secondaires. »

Contrairement à la littérature sentimentale, les histoires d’amour se doivent d’offrir un dénouement heureux aux lectrices, puisque c’est avant tout ce qu’elles recherchent : le grand Amour pour les personnages qu’elles ont vus évoluer sous leurs yeux. C’est primordial de ne pas les flouer sur leurs horizons d’attente. La lectrice doit aussi se sentir investie, transportée par sa lecture. Cette satisfaction émotionnelle fait partie intégrante de la romance. Dans la littérature sentimentale, l’histoire d’amour s’avère plutôt une sous-trame narrative, et il n’est pas dit que les tourtereaux se diront « oui, je le veux » à la toute fin.

Suzanne Roy- Histoires d'amour

Suzanne Roy. Crédit photo : Louis Plante.

D’ailleurs, si le couple homme-femme a été privilégié durant de nombreuses années, la romance s’ouvre maintenant aux réalités amoureuses diverses. Il est désormais possible de dégoter des romances portant sur les relations LGBTQ2S+, autant que sur des relations polyamoureuses. Certaines maisons d’édition se spécialisent dans les sous-genres tels que la romance historique, la romance paranormale, la romance contemporaine, etc.

QUELS SONT LES MYTHES ASSOCIÉS À LA ROMANCE ?

Bien que le genre soit très populaire aux États-Unis, les préjugés concernant la romance restent tenaces en France et au Québec : petite littérature, littérature vide, personnages en carton, histoire sans profondeur, beaucoup de stéréotypes… On comprend que ces mythes sont toujours vivants parce que cette littérature attire un lectorat féminin et est produit par une écrasante majorité de femmes. Si le schéma narratif se ressemble d’histoire en histoire, c’est que c’est ce qui est attendu et aimé des lectrices.

Ce type de double standard semble persister malgré la grande popularité du genre de la romance. Si d’un côté, ce jugement nuit à la réception critique des œuvres du genre, c’est une des raisons majeures qui explique que le lectorat s’accroche : ça finit bien. Une petite tangente apparait toutefois depuis quelques années. Les lectrices se révèlent à la recherche d’héroïnes féminines qui prennent leur place dans l’histoire ainsi que dans la relation amoureuse. Elles cherchent des femmes fortes qui savent ce qu’elles veulent et qui font tout pour l’obtenir. Les schémas narratifs mettant en scène un homme puissant et riche, avec une femme ingénue, restent par contre des valeurs sûres qui sont tout autant appréciées…

QUELLES SONT LES DIFFICULTÉS À ÉCRIRE DES HISTOIRES D’AMOUR ?

Le plus grand défi de l’écriture de romance réside dans l’authenticité de la relation qu’entretiendront les personnages. Les lectrices doivent croire à cette histoire d’amour et à sa longévité. Vickie Poulin se demande : « Est-ce que je pourrais écrire un livre sur cette histoire d’amour, mais cinq ans après? Si cette suite est possible et vraisemblable, le but de la romance est atteint. » Cette autrice tente aussi d’intégrer des éléments qui feront réfléchir les lectrices, c’est-à-dire développer un aspect plus psychologique à ses histoires d’amour.

Vickie Poulin

Vickie Poulin.

Cependant, il est important d’avoir en tête que de dévier des règles établies du genre n’est peut-être pas la chose à faire puisque l’horizon d’attente se situe exactement dans cette reprise des codes. Si les clichés sont bien présents en romance, il faut néanmoins savoir les réinventer juste un peu pour revitaliser l’attention des lectrices. L’histoire se décline souvent en trois temps : la rencontre, la phase de séduction et la formation du couple. Il se peut que les personnages se détestent lors de leur premier contact, et que finalement, l’amour s’installe. Si, au tout début du roman, les personnages ne sont pas à leur meilleur, ils le deviendront au contact l’un de l’autre.

Cette littérature parle aux émotions. Les lectrices souhaitent être bouleversées par une histoire d’amour qui pourrait être la leur. Les autrices de ce type de romans doivent faire croire à l’amour entre deux personnages (ou trois, ou quatre), mais surtout réussir à convaincre que l’amour existe encore… Un défi d’envergure, n’est-ce pas?

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