La plupart du temps, c’est la fixation de l’auteur pour la phrase parfaite qui lui cause un blocage d’écriture. Il voudrait écrire comme si le texte qui allait apparaître devant lui devait en être déjà à sa version définitive. Mais qu’est-ce que le syndrome de la page blanche?
LE SYNDROME DE LA PAGE BLANCHE
L’auteur n’écrit pas, il reste devant la page blanche, les doigts crispés sur son clavier, fixant l’écran hypnotique de son ordinateur, en attendant que la phrase parfaite vienne à lui. Après un certain moment, il se décide. Il commence à écrire, mais se rature aussitôt, c’est le retour à la case départ. Il est incapable de passer à la seconde phrase tant que la première, impeccable, n’a pas été arrêtée. Alors, il commence à souffrir de ce qu’il croit être la panne d’inspiration. La page blanche le torture. Il sent qu’il lui est possible de rester ainsi pendant des heures à ne pas savoir par quelle phrase commencer. Alors il abandonne, prétextant que c’est un mauvais jour pour écrire et qu’il reviendra se placer devant l’écran, demain peut-être, en ayant réfléchi un peu mieux à ce qu’il devrait écrire.
FAIRE FACE À UN BLOCAGE D’ÉCRITURE
On pourrait comparer le processus d’écriture à une sorte de grosse boule de pâte à modeler que l’on doit réchauffer de sa main. Commencez par mettre des éléments sur le papier, même si ceux-ci ressemblent d’abord à de la prise de notes un peu décousue. Pour réussir une sculpture, il faut de la matière. On ne peut sculpter à partir de rien. Cette matière, au départ, est forcément brute. Elle ne représente pas grand-chose, c’est une masse lourde, difforme, pas du tout esthétique. À cette étape, l’œuvre est encore bien loin de ressembler à la représentation finale que l’artiste a en tête. La page blanche, c’est l’absence de matière à sculpter…
VAINCRE LE SYNDROME DE LA PAGE BLANCHE
Commencez par disposer vos notes çà et là dans le manuscrit à l’endroit où vous voulez aborder tel ou tel sujet. Puis, lorsque la prise de notes sera assez avancée, et que vous aurez devant vous une masse de matière relativement importante, vous commencez à pétrir la pâte pour la réchauffer ; c’est-à-dire que vous commencerez à manier et remanier le texte, à travailler le récit : fini le syndrome de la page blanche !
Pétrissez le texte afin que, peu à peu, les phrases se réchauffent, s’assouplissent et prennent forme d’une manière plus esthétique. Jetez parfois un morceau de matière superflue. Donnez ici du relief et creusez là, etc. jusqu’à ce que tout à coup se profile devant vous une forme qui commence à ressembler à ce que vous désiriez concevoir. Alors la fièvre d’écriture s’emparera de vous, car cette forme qui commencera à se dessiner sous vos yeux indiquera que vous êtes en bonne voie.
N.B. Il est interdit de reproduire ce texte, en entier ou en partie, sans avoir obtenu notre autorisation.
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