Respecter les normes de présentation d’un manuscrit est une chose. Préparer une véritable stratégie de soumission aux maisons d’édition en est une autre. Entre les deux, plusieurs décisions importantes attendent encore l’auteur.
Vous avez terminé votre manuscrit. Vous l’avez révisé, corrigé et vous avez pris le temps de respecter les normes de présentation attendues dans le milieu éditorial. Police de caractères, marges, interligne, pagination, page de titre : votre document est maintenant propre et professionnel. Vous voilà donc prêt à l’envoyer aux maisons d’édition?
Pas nécessairement. C’est une confusion que nous rencontrons régulièrement chez les auteurs débutants : la mise en page standard d’un manuscrit et la préparation de sa soumission sont deux étapes complémentaires, mais entièrement différentes.
La mise en page du manuscrit concerne la présentation du texte lui-même. La préparation à la soumission de manuscrit concerne tout ce qui permettra de présenter votre projet aux éditeurs et de déterminer comment, où et dans quelles conditions vous souhaitez tenter de le faire publier.
Autrement dit, avoir un manuscrit conforme ne signifie pas encore avoir un dossier de soumission prêt. Et c’est à ce moment que plusieurs auteurs découvrent qu’ils ont encore beaucoup de décisions à prendre avant de commencer leurs envois.
Un manuscrit ne se présente pas seul
Lorsqu’on pense à une soumission éditoriale, on pense au manuscrit. Pourtant, selon les maisons d’édition et leurs exigences, d’autres documents peuvent accompagner votre projet. Vous avez probablement déjà entendu parler de la lettre de présentation, du synopsis, du résumé ou encore de la notice biographique. Mais savez-vous réellement à quoi chacun de ces documents doit servir, ce qu’un éditeur s’attend à y trouver et surtout ce qu’il vaut mieux éviter d’y écrire?
Une lettre de présentation efficace, pour accompagner la soumission de votre manuscrit, ne consiste pas simplement à raconter combien vous rêvez de publier depuis votre enfance ou l’origine de votre inspiration. Une notice biographique n’est pas non plus l’endroit où raconter votre parcours de vie en détail ou votre cheminement professionnel. Quant au synopsis et au résumé, ils sont très régulièrement confondus alors que, dans les faits, ils ne répondent pas au même objectif.
Faut-il parler de soi dans la lettre de présentation ? Jusqu’où? Quels renseignements sont réellement pertinents pour l’éditeur dans les documents qui accompagnent le manuscrit ? Doit-on envoyer tous ces documents à tous les éditeurs ? Une notice biographique se rédige-t-elle au « je » ou à la troisième personne? Une lettre de présentation doit-elle raconter l’histoire du livre ou plutôt situer le projet? Et surtout comment réussir à présenter son travail avec assurance sans tomber dans une autopromotion maladroite?
Ces documents peuvent paraître accessoires. Ils ne le sont pas. Ils font partie de la façon dont votre projet sera présenté et perçu. Et leur rédaction demande une réflexion différente de celle qui a servi à écrire le manuscrit lui-même.
Chez quels éditeurs allez-vous frapper?
Une fois les documents préparés, une autre question apparaît : où envoyer le tout? Il existe de très nombreuses maisons d’édition francophones, mais elles ne constituent pas toutes des destinations pertinentes pour votre manuscrit. Encore faut-il comprendre à qui vous vous adressez, ce que cette maison publie réellement et pourquoi votre projet pourrait trouver sa place dans son catalogue.
Est-ce suffisant de constater qu’une maison publie des romans? Qu’elle accepte les manuscrits? Qu’elle travaille avec des auteurs québécois? Pas nécessairement. Il faut aussi comprendre son fonctionnement. Une maison qui vous propose de publier votre livre est-elle forcément une maison d’édition traditionnelle? Savez-vous reconnaître l’édition à compte d’éditeur, l’édition à compte d’auteur et l’édition participative? Savez-vous ce qui distingue réellement ces modèles et ce qu’ils impliquent pour l’auteur?
Ces questions deviennent particulièrement importantes lorsqu’une proposition arrive. Après des mois de démarches et d’attente, il peut être très tentant de voir n’importe quel « oui » comme une victoire. Pourtant, toutes les offres de publication ne reposent pas sur le même modèle économique ni sur les mêmes engagements. Encore faut-il savoir ce que l’on accepte.
L’édition traditionnelle est-elle la meilleure option?
Plusieurs auteurs terminent leur manuscrit avec une idée très simple en tête : maintenant, il faut trouver un éditeur. Comme si l’édition traditionnelle constituait l’aboutissement naturel de tout projet de livre. Mais cette voie correspond-elle vraiment à votre manuscrit et vos objectifs?
Selon le type de projet, le contrôle que vous souhaitez conserver, votre rapport à la commercialisation, votre calendrier et vos attentes envers la publication, d’autres modèles de publication peuvent parfois être envisagés. Autoédition, édition à compte d’auteur, édition participative et édition traditionnelle ne proposent ni la même expérience ni les mêmes responsabilités. Avant de commencer les soumissions, il peut donc être utile de comprendre ce que vous recherchez réellement plutôt que de poursuivre automatiquement la voie que l’on associe spontanément à la publication.
Vouloir « être publié » est un objectif. Ce n’est pas encore une stratégie.
Une stratégie de soumission de manuscrit ne s’improvise pas
Supposons que vous ayez choisi l’édition traditionnelle, préparé les documents nécessaires et repéré plusieurs maisons qui semblent correspondre à votre projet. Une autre série de décisions commence alors. Allez-vous envoyer votre manuscrit à toutes ces maisons simultanément? Procéder par étapes? Prioriser certaines d’entre elles? Attendre des réponses avant de poursuivre? Comment allez-vous tenir compte des exigences particulières de chacune? Que ferez-vous si l’une demande un synopsis, une autre un résumé et une troisième seulement quelques chapitres?
La démarche peut s’étendre sur plusieurs mois et générer rapidement beaucoup d’informations à suivre. Il ne s’agit donc pas de dresser une liste d’adresses et d’expédier le même courriel à tout le monde. Une soumission bien préparée demande de comprendre ce que l’on fait, dans quel ordre et avec quel objectif.
C’est là toute la différence entre envoyer un manuscrit et mettre en place une stratégie de soumission.
Votre manuscrit est prêt, mais votre stratégie l’est-elle?
Si les questions soulevées dans cet article ont fait apparaître des doutes ou des hésitations dans votre esprit, c’est bon signe ; mieux vaut vous poser ces questions maintenant qu’après avoir déjà commencé à solliciter des maisons d’édition.
Au Pigeon décoiffé, notre entretien stratégique de préparation à la soumission de manuscrit a été conçu pour accompagner les auteurs à cette étape stratégique. Cette rencontre personnalisée permet d’examiner votre projet, vos objectifs et la démarche que vous vous apprêtez à entreprendre afin de vous aider à y voir plus clair avant vos premiers envois.
Après avoir consacré des mois, parfois des années, à votre manuscrit, sa soumission mérite elle aussi d’être préparée avec soin plutôt que d’être improvisée au dernier moment.
Respecter les normes de présentation d’un manuscrit est une chose. Préparer une véritable stratégie de soumission aux maisons d’édition en est une autre. Entre les deux, plusieurs décisions importantes attendent encore l’auteur.
Vous avez terminé votre manuscrit. Vous l’avez révisé, corrigé et vous avez pris le temps de respecter les normes de présentation attendues dans le milieu éditorial. Police de caractères, marges, interligne, pagination, page de titre : votre document est maintenant propre et professionnel. Vous voilà donc prêt à l’envoyer aux maisons d’édition?
Pas nécessairement. C’est une confusion que nous rencontrons régulièrement chez les auteurs débutants : la mise en page standard d’un manuscrit et la préparation de sa soumission sont deux étapes complémentaires, mais entièrement différentes.
Autrement dit, avoir un manuscrit conforme ne signifie pas encore avoir un dossier de soumission prêt. Et c’est à ce moment que plusieurs auteurs découvrent qu’ils ont encore beaucoup de décisions à prendre avant de commencer leurs envois.
Un manuscrit ne se présente pas seul
Lorsqu’on pense à une soumission éditoriale, on pense au manuscrit. Pourtant, selon les maisons d’édition et leurs exigences, d’autres documents peuvent accompagner votre projet. Vous avez probablement déjà entendu parler de la lettre de présentation, du synopsis, du résumé ou encore de la notice biographique. Mais savez-vous réellement à quoi chacun de ces documents doit servir, ce qu’un éditeur s’attend à y trouver et surtout ce qu’il vaut mieux éviter d’y écrire?
Une lettre de présentation efficace, pour accompagner la soumission de votre manuscrit, ne consiste pas simplement à raconter combien vous rêvez de publier depuis votre enfance ou l’origine de votre inspiration. Une notice biographique n’est pas non plus l’endroit où raconter votre parcours de vie en détail ou votre cheminement professionnel. Quant au synopsis et au résumé, ils sont très régulièrement confondus alors que, dans les faits, ils ne répondent pas au même objectif.
Faut-il parler de soi dans la lettre de présentation ? Jusqu’où? Quels renseignements sont réellement pertinents pour l’éditeur dans les documents qui accompagnent le manuscrit ? Doit-on envoyer tous ces documents à tous les éditeurs ? Une notice biographique se rédige-t-elle au « je » ou à la troisième personne? Une lettre de présentation doit-elle raconter l’histoire du livre ou plutôt situer le projet? Et surtout comment réussir à présenter son travail avec assurance sans tomber dans une autopromotion maladroite?
Ces documents peuvent paraître accessoires. Ils ne le sont pas. Ils font partie de la façon dont votre projet sera présenté et perçu. Et leur rédaction demande une réflexion différente de celle qui a servi à écrire le manuscrit lui-même.
Chez quels éditeurs allez-vous frapper?
Une fois les documents préparés, une autre question apparaît : où envoyer le tout? Il existe de très nombreuses maisons d’édition francophones, mais elles ne constituent pas toutes des destinations pertinentes pour votre manuscrit. Encore faut-il comprendre à qui vous vous adressez, ce que cette maison publie réellement et pourquoi votre projet pourrait trouver sa place dans son catalogue.
Est-ce suffisant de constater qu’une maison publie des romans? Qu’elle accepte les manuscrits? Qu’elle travaille avec des auteurs québécois? Pas nécessairement. Il faut aussi comprendre son fonctionnement. Une maison qui vous propose de publier votre livre est-elle forcément une maison d’édition traditionnelle? Savez-vous reconnaître l’édition à compte d’éditeur, l’édition à compte d’auteur et l’édition participative? Savez-vous ce qui distingue réellement ces modèles et ce qu’ils impliquent pour l’auteur?
Ces questions deviennent particulièrement importantes lorsqu’une proposition arrive. Après des mois de démarches et d’attente, il peut être très tentant de voir n’importe quel « oui » comme une victoire. Pourtant, toutes les offres de publication ne reposent pas sur le même modèle économique ni sur les mêmes engagements. Encore faut-il savoir ce que l’on accepte.
L’édition traditionnelle est-elle la meilleure option?
Plusieurs auteurs terminent leur manuscrit avec une idée très simple en tête : maintenant, il faut trouver un éditeur. Comme si l’édition traditionnelle constituait l’aboutissement naturel de tout projet de livre. Mais cette voie correspond-elle vraiment à votre manuscrit et vos objectifs?
Selon le type de projet, le contrôle que vous souhaitez conserver, votre rapport à la commercialisation, votre calendrier et vos attentes envers la publication, d’autres modèles de publication peuvent parfois être envisagés. Autoédition, édition à compte d’auteur, édition participative et édition traditionnelle ne proposent ni la même expérience ni les mêmes responsabilités. Avant de commencer les soumissions, il peut donc être utile de comprendre ce que vous recherchez réellement plutôt que de poursuivre automatiquement la voie que l’on associe spontanément à la publication.
Une stratégie de soumission de manuscrit ne s’improvise pas
Supposons que vous ayez choisi l’édition traditionnelle, préparé les documents nécessaires et repéré plusieurs maisons qui semblent correspondre à votre projet. Une autre série de décisions commence alors. Allez-vous envoyer votre manuscrit à toutes ces maisons simultanément? Procéder par étapes? Prioriser certaines d’entre elles? Attendre des réponses avant de poursuivre? Comment allez-vous tenir compte des exigences particulières de chacune? Que ferez-vous si l’une demande un synopsis, une autre un résumé et une troisième seulement quelques chapitres?
La démarche peut s’étendre sur plusieurs mois et générer rapidement beaucoup d’informations à suivre. Il ne s’agit donc pas de dresser une liste d’adresses et d’expédier le même courriel à tout le monde. Une soumission bien préparée demande de comprendre ce que l’on fait, dans quel ordre et avec quel objectif.
Votre manuscrit est prêt, mais votre stratégie l’est-elle?
Si les questions soulevées dans cet article ont fait apparaître des doutes ou des hésitations dans votre esprit, c’est bon signe ; mieux vaut vous poser ces questions maintenant qu’après avoir déjà commencé à solliciter des maisons d’édition.
Après avoir consacré des mois, parfois des années, à votre manuscrit, sa soumission mérite elle aussi d’être préparée avec soin plutôt que d’être improvisée au dernier moment.
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