Nouvelle orthographe : est-ce préférable pour votre manuscrit ?

L’orthographe rectifiée (communément appelée la « nouvelle orthographe ») et l’orthographe traditionnelle cohabitent dans la francophonie depuis près d’une trentaine d’années déjà, mais un flou demeure quant à leur utilisation. Est-il préférable de soumettre un manuscrit rédigé avec l’orthographe rectifiée ? Qu’en pensent les éditeurs québécois? Nous avons questionné certains d’entre eux à ce sujet. 

Merci à Myriam Caron Belzile (Éditions XYZ), Stéphane Dompierre et Stéphanie Durand (Québec Amérique) ainsi que Marie-Michèle Rheault (Les éditions du Septentrion) d’avoir accepté de répondre à nos questions.

En quoi consiste l’orthographe rectifiée ?

Le français, comme toutes les langues d’ailleurs, est en constante évolution. La rectification de l’orthographe consiste à simplifier l’écriture de certains mots, supprimer des anomalies et des exceptions et uniformiser certaines règles orthographiques, bien souvent vestiges du passé qui n’ont plus nécessairement leur raison d’être à présent.

L’OQLF (L’Office québécois de la langue française) estime que « ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives[1] ». C’est donc dire que les deux orthographes cohabitent actuellement dans la francophonie sans que l’une soit plus valable que l’autre.

Le mot d’ordre : la constance

Les éditeurs à qui nous avons parlé abondent dans le même sens : pour eux, l’orthographe utilisée pour la rédaction d’un manuscrit a peu d’importance. Que vous optiez pour la nouvelle orthographe ou pour l’orthographe traditionnelle, l’important est d’utiliser la même tout au long de votre manuscrit. Pas question, donc, de jongler entre l’une et l’autre au gré de vos envies !

Dans le même ordre d’idées, Madame Myriam Caron Belzile, des Éditions XYZ, nous mentionne qu’il faut faire attention avec le correcteur automatique de la Suite Office, qui tend à corriger des mots dans le sens de la nouvelle orthographe (sans notre consentement, bien sûr !), particulièrement en ce qui a trait aux accents circonflexes. Vigilance, donc, si vous souhaitez éviter de vous retrouver avec un texte hybride !

Qu’est-ce qui détermine le choix d’une orthographe lors de la publication d’un livre ?

Les éditeurs québécois avec qui nous nous sommes entretenus nous ont tous mentionné ne pas avoir adopté de préférence pour l’une ou de l’autre des orthographes. Ils tendent plutôt à respecter le choix de l’auteur à ce propos : c’est donc dire qu’un roman rédigé avec l’orthographe rectifiée serait publié avec cette orthographe, et vice-versa. Évidemment, chaque maison d’édition a sa propre ligne éditoriale, mais la question du choix de l’orthographe est en général discutée entre l’éditeur et l’auteur afin que l’un et l’autre y trouvent leur compte.  

Roman en nouvelle orthographe : est-ce fréquent ?

Bien qu’il soit de plus en plus fréquent pour les éditeurs québécois de recevoir des manuscrits rédigés à l’aide de l’orthographe rectifiée, ce ne semble pas pour l’instant être la norme.

Alors que certains éditeurs, comme Les éditions du Septentrion, nous mentionnent ne jamais recevoir de manuscrits en nouvelle orthographe, d’autres, comme les Éditions XYZ, en reçoivent à l’occasion, comme nous l’a signalé Madame Caron Belzile : « De mémoire, j’ai édité trois romans en nouvelle orthographe depuis mon arrivée chez XYZ, au printemps 2018. Ça reste l’exception. »

Fautes ou nouvelle orthographe ?

Les éditeurs avec qui nous avons discuté nous indiquent également qu’en cas de publication d’un roman rédigé à l’aide des graphies rectifiées, ils opteraient pour une mention à ce propos en début d’ouvrage, afin d’éviter, bien évidemment, que certains lecteurs ne se plaignent de fautes.

Stéphane Dompierre, éditeur chez Québec Amérique, nous mentionne au passage que c’est d’ailleurs ce qui est arrivé lors de la publication de son roman Morlante (Éditions Coups de tête), les lecteurs lui ayant fait part à plusieurs reprises de coquilles dans le texte (alors qu’il s’agissait en fait de graphies rectifiées). On peut tout de même croire que plus le public sera sensibilisé à cette orthographe, plus sa réaction sera positive.

À vous de choisir !

En résumé, on peut dire que le choix de l’orthographe que vous utiliserez pour rédiger votre manuscrit vous revient, selon la méthode avec laquelle vous êtes le plus à l’aise. Les éditeurs québécois semblent pour l’instant, à l’instar du reste de la francophonie, partagés entre les deux orthographes sans avoir établi de ligne éditoriale en faveur de l’une ou de l’autre. En cas de doute, il vaut mieux vous informer auprès des éditeurs qui vous intéressent pour connaître leurs façons de faire à ce sujet.


[1] http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3275

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