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CINQ leçons de modestie

Vous avez choisi l’autopublication, ou la publication à compte d’auteur. Êtes-vous prêt à assurer vous-même la promotion de votre livre? Attention de ne pas commettre ces quelques erreurs qui, loin de vous attirer la sympathie des lecteurs, risquent de les faire fuir…

1- La prétention au best-seller

Il ne suffit pas d’aspirer au best-seller et de crier sur tous les toits que cette nouvelle publication en sera un pour qu’effectivement elle le devienne. Êtes-vous un spécialiste du marketing éditorial? Avez-vous étudié les tendances du marché actuel? Ne soyez pas trop présomptueux; si, comme seul argument pour appuyer vos dires, vous n’avez que votre conviction profonde d’atteindre bientôt des sommets de vente, il vaut peut-être mieux attendre que le temps fasse son œuvre et ne revendiquer cette étiquette que lorsque vous aurez effectivement atteint, au minimum, les 4000 exemplaires vendus au Québec. Entre temps, lisez vos contemporains, appréciez la qualité de leurs ouvrages. Il n’y a pas mieux que de mesurer sa prose au talent des autres pour mettre ses propres pendules à l’heure…​

2- La thématique du siècle

Avez-vous une petite idée du nombre d’ouvrages publiés depuis 100 ans sur le marché francophone? Des milliers et des milliers chaque année! Bien que vous puissiez être un grand lecteur, avant d’avancer que votre thématique fera sensation chez le lectorat, il faut reconnaître qu’il est impossible de prendre connaissance de la plupart des publications qui ont précédé la vôtre au cours du dernier siècle. Comment savoir alors si cette thématique n’a pas été exploitée déjà par une autre plume? Rappelez-vous que l’écriture existe depuis des lustres et que, aussi brillant et d’avant-garde que puisse s’avérer un texte, on ne réinvente pas la roue. Les thématiques populaires sont souvent liées à des effets de mode et découlent parfois d’une conjoncture favorable liée à l’actualité. Le succès d’un thème plutôt que d’un autre est bien souvent le résultat d’un concours de circonstances que même les éditeurs professionnels ont du mal à prévoir…

3- L’émergence d’un nouveau talent

Vous êtes convaincu de votre vocation d’écriture et, maintenant que vous avez en main une première publication, vous vous imaginez déjà signer des dédicaces dans les salons du livre avec devant vous de nombreux lecteurs fébriles à l’idée d’obtenir votre précieuse signature. Vous attendez aussi qu’on vous convoque à la populaire émission télévisée « Tout le monde en parle »? Vous oubliez qu’au nombre de publications qui paraissent chaque année chez les éditeurs traditionnels, les rares émissions qui accordent de l’intérêt à la littérature ont déjà l’embarras du choix. Il est par conséquent plutôt rare que les médias portent attention à ce qui se publie sans passer par la voie professionnelle. Quoi qu’il en soit, si votre ouvrage devait briller parmi les autres, celui-ci doit d’abord faire ses preuves avant que de capter l’attention des grands médias. Une chose à la fois… même si vous êtes persuadé que votre talent est hors norme, laissez aux autres le soin de le découvrir, d’en faire l’éloge et de lui accorder l’intérêt médiatique qu’ils jugent approprié.

4- L’éloge de ses propres ouvrages

Les réseaux sociaux offrent de multiples possibilités pour faire la promotion de votre récente publication. Bien sûr, vous cherchez à la faire connaître, et pour ce faire tentez de faire valoir ses principaux atouts en ayant recours à diverses publications sur Facebook, Twitter, Instagram et cie. Cependant, prenez garde de ne pas provoquer l’effet inverse; à trop faire l’éloge de soi-même, on finit par se discréditer aux yeux des autres. Les discours dithyrambiques à propos de ses propres publications ont tendance à attirer la méfiance et l’exaspération plutôt que l’intérêt et l’admiration des lecteurs potentiels. Allez-y avec tact et modération.

5- Les écrits de nos contemporains

Hormis le lectorat convoité, vous souhaitez sans doute être lu par vos pairs en espérant mériter leur estime et obtenir leur appréciation de lecture. Mais avez-vous pensé qu’à l’inverse ceux-ci souhaitent fort probablement la même chose? Comment espérer que l’on s’intéresse à vos écrits si vous ne prenez pas vous-même la peine de vous intéresser à ce que publient vos collègues de plume? Soyez assuré qu’un peu de réciprocité placera vos semblables dans de meilleures dispositions à l’égard de votre récente publication.

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