Comment éviter les avalanches de lettres de refus?

Ceux qui ont essuyé des refus le savent; rien de plus démoralisant. Cela dit, il faut tout de même s’y attendre un peu, car rappelons que selon l’ANEL seulement 3 % des manuscrits envoyés chez les éditeurs finissent par se retrouver sur les tablettes des libraires. Cette statistique signifie donc un taux de rejet de 97 %!

C’est comme si on devait espérer gagner à la loterie, direz-vous. La comparaison n’est pas tout à fait fausse sauf que, dans ce cas-ci, croyez-moi, rien ne doit être laissé au hasard…

À l’amorce d’un article publié sur Rue89 en 2012, et intitulé Écrivains, pourquoi (et comment) les maisons d’édition refusent vos livres, la journaliste Sarah Pinard affirmait qu’« au regard du nombre de décisions prises, la principale activité d’un éditeur n’est pas de publier, mais de refuser de publier. » On ne saurait mieux dire. L’éditeur doit inéluctablement faire un choix parmi tous les manuscrits qu’il reçoit.

Il existe bien sûr toute une ribambelle de raisons valables pour rejeter un texte, mais ce qui étonne le plus c’est de réaliser que les principales raisons pour lesquelles un manuscrit peut être refusé sont parfaitement prévisibles et, par conséquent, très faciles à éviter.

Frapper à la bonne porte

 « Mauvais genre, dira Gilles Herman, directeur général chez Les éditions du Septentrion. Je ne sais pas pourquoi on nous envoie de la poésie, du théâtre ou des livres de cuisine. C’est facile à refuser (parce qu’on ne prend même pas le temps de les regarder). »

Simon de Jocas, président des Éditions les 400 coups, affirme pareillement qu’il reçoit bien souvent des manuscrits hors contexte, qui ne sont ni dans la catégorie ni dans le genre privilégié par la maison d’édition. Mais à la défense de ceux qui lui envoient des manuscrits, il ajoute que la maison a réorienté sa vocation il y a deux ans. Il reste que cette situation illustre un fait assez commun dans la démarche des auteurs souhaitant une publication; bien souvent, ils ne s’informent pas assez à propos de la politique éditoriale des maisons d’édition où ils expédient leur ouvrage. Ce faisant, ils envoient à l’aveugle et donc, forcément, à perte.

Maîtriser l’art de la présentation

Chez les Éditions Druide, Anne-Marie Villeneuve, éditrice, affirme qu’il est fréquent de refuser un manuscrit pour la simple et bonne raison que la démarche de l’auteur n’est pas professionnelle. Monsieur Herman, à ce sujet, n’en affirme pas moins. Sa maison d’édition accorde une grande importance au soin de la présentation du manuscrit : « On n’est pas super exigeant, mais quand le manuscrit que tu soumets à l’éditeur est lui-même déjà raturé, biffé, annoté, ça montre que ce n’est peut-être pas un travail si fini que ça… Dans ce temps-là, on retourne en demandant de nous renvoyer un manuscrit final. » Aussi étonnant que cela puisse paraître, chez tous les éditeurs de ce bas monde, c’est le genre de chose qui arrive beaucoup plus souvent qu’on pense…

Séduire l’éditeur

Du reste, le projet a beau être présenté de manière professionnelle et être proposé à la bonne maison d’édition, il faut tout de même que le texte puisse plaire à qui de droit. Madame Villeneuve assure que sa maison d’édition refuse régulièrement « parce que sur le plan de l’écriture ou des thématiques abordées, ça ne nous séduit tout simplement pas ou pas suffisamment. »

Monsieur de Jocas, qui quant à lui publie des albums jeunesse, confie qu’il refuse d’emblée un manuscrit quand le récit lui semble banal, laisse le lecteur sur une impression de déjà-vu ou encore se veut moralisateur.

Un autre critère déterminant : la longueur du texte, décrète Monsieur Herman : « On publie des livres, pas des articles de revue. Avec 20 pages et 3 photos, je ne peux pas faire grand-chose. » À cela, il ajoute une autre raison assez étonnante : les demandes de confidentialité. « De temps en temps on nous demande de signer une entente de non-divulgation avant de recevoir un manuscrit. Soit tu me fais confiance, soit tu passes ton chemin, mais je ne commencerai pas à signer ce genre de document. À moins que tu me dises que c’est une histoire de la police secrète russe. Mais une entente de confidentialité pour une histoire du sabot en Normandie entre 1653 et 1734, c’est un peu too much! »

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